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L’éducation nationale face à l’objectif de réussite de tous les élèves, des rapports qui font mal

Peu après l’Institut Montaigne, la Cour des comptes passe au crible l’Éducation nationale. Si les constats, entre les deux rapports, sont les mêmes, l’approche est radicalement différente. Quand l’Institut Montaigne laisse imaginer une école aux airs d’entreprise, la Cour des comptes souligne surtout le manque de cohérence du ministère, et insiste sur l’apport des enseignants.

« L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves ». Publié le 20 mai dernier par la cour des comptes, ce rapport est le résultat d’une enquête menée dans les établissements scolaires de six académies ainsi que dans trois pays étrangers (Royaume-Uni, Suisse, Espagne).
Il procède à l’analyse des objectifs de l’éducation nationale et des résultats obtenus. La Cour constate que l’organisation actuelle du système scolaire ne lui permet pas d’atteindre les objectifs de réussite de tous les élèves et constate une forte inégalité des chances entre les élèves.

• Des résultats peu satisfaisants :
La France est un des pays où les destins scolaires sont le plus fortement corrélés aux origines sociales et n’atteint pas l’objectif de 50% de diplômés de l’enseignement supérieur. Des résultats globaux dans la moyenne de l’OCDE, s’expliquant essentiellement par l’aggravation des résultats des élèves en difficulté.

• Une allocation des moyens trop uniforme et des coûts trop souvent mal connus :
L’enseignement scolaire public coûte 53 milliards par an pour 10 millions d’élèves. Avec environ 3,9% du PIB, l’efficience du système scolaire français se situe dans la moyenne de l’OCDE.
D’une part, le ministère ne connaît pas le coût des politiques éducatives ou des établissements d’enseignement et ne répartit pas systématiquement les moyens en fonction des objectifs qu’il affiche. D’autre part, Les moyens restent en fait majoritairement répartis comme si l’offre scolaire devait être uniforme sur tout le territoire.

• Une organisation du service des enseignants tenant insuffisamment compte des besoins des élèves :
La définition du service des professeurs du second degré n’a pas évolué depuis soixante ans et est aujourd’hui inadaptée aux missions que la loi leur fixe, ce qui conduit à un développement désordonné, et parfois irrégulier, de mesures visant à reconnaître et rémunérer les activités de soutien et de suivi des élèves, d’accompagnement personnalisé ou de concertation des équipes pédagogiques.

• Une organisation des parcours qui prend insuffisamment en compte les besoins des élèves :
La France est le pays qui a à la fois l’année scolaire la plus courte et une des journées les plus longues. Le rythme journalier est alourdi pour les élèves en difficulté, alors qu’ils sont précisément les plus touchés dans leurs apprentissages par des journées surchargées et les élèves sont peu suivis dans la durée. Dans le second degré, la moitié des classes sont officieusement des « classes de niveau », l’orientation se fait souvent par l’échec et reflète une forte inégalité sociale.

 En somme le système scolaire français est resté fondamentalement inchangé depuis 1950 alors même que ses objectifs ont évolué. Les recommandations de la Cour des comptes visent à promouvoir une nouvelle organisation du système scolaire, avec l’objectif d’atteindre la réussite de tous les élèves (cf. loi pour l’avenir de l’école de 2005).

Le système scolaire doit passer d’une logique de gestion par une offre scolaire uniforme à une logique de gestion par la demande scolaire, c’est-à-dire fondée de façon prioritaire sur la prise en compte des besoins très différents des élèves.

Pour ce faire  la Cour préconise :
• L’évaluation des besoins d’accompagnement personnalisé des élèves.
• le système scolaire doit arbitrer entre les moyens disponibles, non seulement en ne finançant plus des pratiques dont l’inefficacité est avérée, mais également en procédant à une forte différenciation selon les établissements, tout en respectant la garantie fondamentale, donnée à tous les élèves, qu’ils atteindront le socle commun de connaissances et de compétences défini par la loi.
• de donner aux acteurs directs du système scolaire, la responsabilité de procéder aux arbitrages nécessaires, en fonction des besoins des élèves.

Et  recommande :

• que les responsables d’établissement et les enseignants soient désormais chargés de la répartition de l’ensemble des moyens d’enseignement affectés à l’établissement.
• d’engager une évaluation systématique du coût et de l’efficacité des dispositifs éducatifs et des établissements, que le système scolaire ignore très largement aujourd’hui, ce qui nuit directement à son efficacité.
• pour les établissements les plus confrontés à la difficulté et à l’échec scolaire, garantir des moyens exceptionnellement renforcés et inscrits dans des contrats à long terme, ainsi que la stabilité des équipes éducatives.

Face au rapport, la Ligue des droits de l’homme fait part de ces inquiétudes sur le recours à la Base élèves qui a fait l’objet de critiques répétées au motif que les informations qu’elle contient dépassent largement l’objectif de gestion administrative qui semblait lui être assigné. Le Snuipp partage les préoccupations et certaines recommandations du rapport de la Cour des comptes mais refuse la principale : la réforme du management de l’école. "la volonté d’accorder davantage d’autonomie aux établissements et la préconisation d’un pilotage en fonction d’objectifs à court terme ne peuvent constituer de propositions efficaces pour la réussite de tous".

Pour plus de renseignements :
http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/Syntheses/Synthese-education-nationale-face-a-objectif-reussite-eleves.pdf

 

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