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L’humanitaire : “nourri, logé, blanchi” !

En partenariat avec Résonances Humanitaires et l’association Solidarités International, actenses a mis en place, jeudi 19 mai, l’intervention sectorielle sur les métiers de l’humanitaire. Trois professionnels nous présentaient leurs métiers et parcours respectifs, mais également les métiers du secteur, au siège et sur le terrain. Cette rencontre s’est tenue au lycée Olympe de Gouges à Noisy-le-Sec.

 

Pierre Tripon, Hervé Bonino puis Vianey Prouvost sont intervenus tour à tour pour partager leur expérience et présenter les métiers supports et techniques du terrain puis du siège.

Après une école de commerce et une première expérience chez Leroy Merlin de 3 ans, Pierre Tripon s’engage pour 8 ans dans l’humanitaire, tout d’abord en tant que logisticien/administrateur, puis coordinateur logistique et ensuite en tant que chef de mission, notamment pour Action Contre la Faim et Médecins du Monde.

Il nous présente les différents acteurs humanitaires que sont les ONG, les organisations internationales, les fondations, les organisations religieuses, les bailleurs de fonds… Il décrit plus longuement la structure des ONG, dont le siège en France a pour but d’apporter un support aux missions sur le terrain. Il est à noter que les missions sont celles qui ont le plus d’employés (rapport de 1 à 12 entre siège et missions). En ce qui concerne Action Contre la Faim, 180 personnes travaillent au siège et environ 200 expatriés sont employés dans les 18 missions de l’organisation. Chaque mission est organisée avec des départements dits « supports » et des départements dits « techniques ». Les départements supports ont pour but de fournir les moyens nécessaires aux techniques pour mettre en œuvre les projets. La logistique, les ressources humaines, les finances et la sécurité font parties des métiers dits « support ».

 

Les formations sont nombreuses et variées pour accéder à ces postes : études en École de Commerce, formations Bac+2 dans les métiers tels que compta/finance, logistique, ressources humaines. Il existe également des instituts de formations spécifiques dédiées aux métiers de l’humanitaire comme BioForce (Lyon) et l’IFAID (Bordeaux) – aussi valables pour les métiers techniques. Pour chaque métier, il est important d’avoir une expérience ou de bonnes connaissances en management. Il est en général demandé un minimum de 2 ans d’expérience. Les lycéens ont souhaité savoir pourquoi. C’est un pré-requis dans la mesure où l’humanitaire s’est professionnalisé depuis 10 ans et les zones dans lesquelles travaillent les humanitaires sont des contextes de crise. Il faut donc bien se connaître et bien connaître son métier pour pouvoir l’exercer et être opérationnel très rapidement.

 

L’anglais est la langue de travail indispensable pour communiquer dans la plupart des missions, y compris dans certains pays francophones, comme Haïti par exemple. En effet, les humanitaires sont de nationalités diverses et variées et l’anglais demeure la langue usuelle pour communiquer.

 

Pierre Tripon a présenté le métier de chef de mission. Défini comme étant le directeur de l’ONG dans le pays, le chef de mission s’occupe en interne des programmes, des finances, des ressources humaines, de la logistique et de la sécurité. En externe, il établit le lien avec les autorités (Gouvernement, Ministères de tutelle), avec les bailleurs de fonds, l’ONU et les autres ONG (locales ou internationales). Ce poste nécessite une grande capacité de travail, dont la plupart du temps se passe devant un ordinateur. En effet, le chef de mission a moins le temps d’être sur le terrain que les coordinateurs des différents départements de la mission. Sur le terrain, le chef de mission et tous les salariés peuvent avoir des journées très extensibles et ce, 7 jours sur 7. Le statut et notamment le salaire, qui intéressent souvent les lycéens, est d’environ 2200 euros net par mois sur 13 mois. Il est important de noter que dans la majorité des cas, la personne expatriée en mission est nourrie, logée, blanchie. Cette dernière donnée a été très enregistrée par les lycéens qui sont repartis en répétant « nourri, logé, blanchi ! ». Les contrats en mission sont souvent des CDD ou des CDI. La durée des missions est de 6 mois à 3 ans, mais les personnes employées restent souvent entre un et deux ans.

 

Le contexte de l’urgence, qui reste la particularité du secteur de l’humanitaire et qui se distingue du secteur du développement, a suscité des questions de la part des lycéens. En effet, ces derniers se sont demandés lorsque l’urgence résultait d’une situation de conflit, s’ils devaient travailler avec des gilets pare-balle ou bien encore quelle était la relation entre humanitaires et militaires, acteurs également présents sur le terrain. La question de la peur et de son impact sur le travail a également été soulevée par une des lycéennes.

 

Hervé Bonino, notre deuxième intervenant, a présenté les métiers techniques présents en mission. Ces métiers concernent le secteur de la santé, du paramédical, de l’agriculture, de secteur de l’eau/hygiène/assainissement, de la construction. Les formations sont très diverses et vont de la faculté de médecine, aux écoles d’infirmières, d’ingénieurs, d’agriculteurs, de géologues … Environ 60% des profils requis en mission, concernent des métiers techniques. Les conditions sont souvent les mêmes, il faut un diplôme (car c’est un secteur qui se professionnalise de plus en plus), une première expérience et une « solidité psychologique ».

 

Il a également présenté le métier de chef de projet. Garant de la bonne conduite, des suivis et prévisionnels logistiques et financiers de son projet, il gère une équipe locale de 10 à plusieurs dizaines de salariés (recrutements, évaluations, formations). Il est le représentant technique local envers les partenaires et institutions locales et effectue des rapports techniques réguliers à sa hiérarchie, mais également des rapports destinés aux bailleurs de fonds. Il évalue des besoins et propose des actions sous forme de rapport internes. Il est suivi évalué et appuyer par un coordinateur technique et/ou un responsable technique du siège. Le Chef de mission reste son référent hiérarchique direct en l’absence de coordinateur technique. Il a un statut de technicien supérieur volontaire ou salarié. S’il est volontaire, ses indemnités peuvent varier de 200 200 à 850 euros par mois auxquelles il faut ajouter les accommodations et les per diem. En CDD ou en CDI, le salaire varie de 18 à 26 000 euros/an selon l’expérience et les capacités de l’organisme.

 

Hervé Bonino, géologue de formation, a développé ce que faisait le responsable technique en siège. Il est le référent technique, dans son secteur d’activité, d’une ou de plusieurs missions. Il contribue au recrutement des responsables de projet et des coordinateurs techniques. Il garantit auprès de l’ONG ou de l’Association du respect des normes de qualité de mise en œuvre et contribue également à la rédaction des projets en appui direct vers les coordinateurs techniques ou vers les responsables de projets. Il développe et valide des concepts intégrant des innovations techniques. Il publie des rapports techniques en interne, mais également vers les médias. Il capitalise les expériences du terrain afin d’améliorer les activités in situ et d’éviter de reproduire des erreurs passées. Il visite régulièrement les projets (3 à 6 missions selon les capacités des organisations) afin d’évaluer qualitativement et quantitativement les activités. Il peut être employé en CDD ou en CDI et touche par an entre 28000 et 36 000/an selon son expérience et les capacités de l’ONG.

 

Sur le terrain, le coordinateur technique coordonne la mise en œuvre des projets en respect du plan d’action de la mission, intégrant notamment tous les partenaires et acteurs locaux, mais également internationaux. Il valide tous les rapports techniques adressés aux sièges et bailleurs de fonds. Il planifie et contribue à toutes les activités de développement technique: évaluation/explorations, formulation de concepts techniques. Il est souvent employé en CDD et reçoit entre 24 000 et 31000 € brut/an. Il est nourri, logé et blanchi et touche des « per diem », somme fixe pour ses dépenses quotidiennes.

 

« Est-ce qu’on peut changer d’ONG ? », « est-ce qu’on peut refuser une mission ? » ont fait partie des questions posées aux intervenants. Ces derniers ont répondu qu’en effet on pouvait changer d’ONG et refuser une mission, qu’ils étaient tenu par un contrat de travail et non par un contrat d’engagement comme pour les militaires. La distinction ne semblait pas évidente pour certains lycéens.

 

Enfin Vianey Prouvost, de l’ONG Solidarités International, nous a présenté le métier de logisticien. Photographe de formation, il s’est orienté vers le secteur de l’humanitaire en se trouvant sur un contexte de crise pour prendre des photos. Il a par la suite fait Bioforce, école spécialisée dans le secteur, puis un master en sciences politiques sur le droit humanitaire. Actuellement, il est responsable du service logistique de Solidarité International. Il nous a donc présenté le secteur de la logistique regroupant les achats, les transports, le stockage, la gestion de Parc Véhicules, la gestion des bâtiments, la communication, l’énergie, l’informatique. Le logisticien doit être très pragmatique et doit avoir un bon sens des réalités. Par son action, il offre les moyens aux activités de l’ONG de bien se mettre en place et de se développer. Cela a été l’occasion pour la plupart des lycéens présents de découvrir ce domaine méconnu et qui pourtant génère de nombreux postes que ce soit dans l’humanitaire ou dans le privé, en entreprise.

 

La question du salaire a été soulevée à plusieurs reprises et même la question des primes (qui n’existent pas dans l’humanitaire). C’est une question importante qui préoccupe la plupart des lycéens. Cependant, il a été rappelé que quand on travaille dans l’humanitaire, la motivation réside plus dans la volonté de s’engager et dans le souhait de voyager que dans le salaire ! Cela a été également l’occasion de souligner que choisir un métier qui nous intéresse et nous motive est le meilleur moyen pour être efficace et performant. Et qu’une personne performante progresse et voit son salaire augmenter !

 

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur la boîte à outils parrains où vous retrouverez le document de présentation de cette intervention sectorielle.

Pour plus d’informations sur Résonances Humanitaires : http://www.resonanceshumanitaires.org/
Pour plus d’informations sur Solidarités International : http://www.solidarites.org/default.shtml

Un grand merci aux intervenants et à leurs associations pour leur participation sans qui rien n’eut été possible!

 

 

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