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La jeunesse : une génération en marche !

Jean-Claude Richez, coordinateur de la mission observation évaluation de l’INJEP (Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire) intervenait auprès d’un public très restreint pour actenses au sein de la Cité des Sciences et de l’Industrie mardi 5 avril.

M. Richez a dressé un tableau de la jeunesse en abordant différents thèmes notamment leur rapport à la société et leur place au sein de celle-ci.

Pour évoquer le rapport des jeunes à la société, M.Richez a tout d’abord souligné quelques unes des  importantes mutations qui avaient eu lieu ces dernières décennies :

  • une urbanisation et une déconnexion du vivant toujours plus accentuée
  • l’allongement de l’espérance de vie et son impact sur le rapport au couple
  • l’absence de guerre depuis 60 ans sur le territoire français
  • une procréation sous contrôle

Ces différents éléments ont, entre autres, été facteurs de changement des jeunes dans leur rapport au monde.

Au niveau de leur engagement politique, les jeunes semblent peu politisés dans le sens traditionnel du terme : le vote et l’adhésion à un parti. Cependant, malgré une forte abstention des jeunes générations, ces dernières s’intéressent différemment à la vie politique. En comparaison à 1999, le nombre de jeunes considérant la politique comme importante a doublé. Ils restent en effet très attachés au droit de vote, mais la majorité ne l’utilise que s’il y a un enjeu : le vote est un instrument. Ce n’est plus un signe d’appartenance à la Cité. Une très grande défiance du politique s’est développée et des études montrent que les jeunes sont plus nombreux aujourd’hui à adhérer à l’idée d’un changement radical de la société. De 6%, ils passent à 24% d’après une étude de l’Injep de 2010, chiffre confirmé par l’enquête IPSOS pour le Secours Populaire en 2010, où 38% se disent révoltés et 38% se disent insatisfaits.

La défiance par rapport aux grandes institutions, comme les médias ou l’entreprise, est une nouvelle donnée qui caractérise la jeunesse. Les  remises en question semblent aller de pair avec ce constat. Cependant, la confiance demeure dans les institutions scientifiques et les associations « concrétiseurs d’action ». Leur engagement au niveau associatif évolue également. L’appartenance idéologique de l’association ne marque plus leur engagement, ils viennent pour des actions concrètes qui peuvent être très ponctuelles et nécessairement utiles. Le terme d’ « engagement post-it »  marque le nouveau régime d’engagement qui se profile.   

Ainsi, ces modifications n’entraînent-elles pas une absence d’engagement, mais une modification profonde des différentes formes d’engagement aussi bien au niveau social que politique.

D’un point de vue des valeurs, les valeurs dites « traditionnelles » (amitié, travail et famille) sont toujours bien présentes mais des nuances sont à prendre en compte. Ainsi, la famille est-elle toujours une valeur très importante et considérée comme le premier espace de solidarité. Cependant, la famille pour les jeunes générations n’est plus forcément symbolisée par le mariage, comme c’était le cas pour les générations précédentes.
 

Concernant le travail, il représentait auparavant un élément d’identité social. Aujourd’hui, il est directement associé à l’argent, qui leur donne des ressources pour être indépendant. Enfin l’amitié reste la valeur première chez les jeunes.
 

Le respect, la solidarité, l’égalité sont également des valeurs toujours présentes mais ne revêtent pas forcément le même sens d’une génération à l’autre. Le respect sera assimilé à l’autorité pour les générations précédentes alors que pour les plus jeunes, c’est une valeur plus contractuelle : « tu me respectes donc je te respecte ». Sur la question de la solidarité, on parle des jeunes comme étant des « individualistes solidaires », ce qui souligne également un nouveau mode d’engagement.
 

La part et la place des jeunes dans la société n’est pas très enviable au regard des quelques chiffres cités :
• 30% seulement des 16-25 ans accèdent au marché du travail
• 25%  sont au chômage (41% pour les non diplômés sur les 5 ans après fin d’études) contre 18% en 1978
• 20% des étudiants sont en situation de pauvreté monétaire : fait nouveau, la tranche d’âge des 18-24 ans est la plus touchée
 

Les déséquilibres entre générations sont conséquents aussi bien au niveau de l’emploi, des écarts de rémunération, qu’en politique.  D’après le Destin des générations de Louis Chauvel, il existe de grandes fractures entre les générations:
– En matière de répartition du pouvoir d’achat, alors qu’en 1975, les salariés de 50 ans gagnaient en moyenne 15% de plus qu’un salarié de 30 ans, l’écart était en 2001 de 40%.
– En matière d’emploi, le taux de chômage à deux ans de sortie d’études était de 4% en 1968,  il était de 33% en 2000.
Ce n’est plus 25% mais 80% des entrées dans l’emploi qui se font par un CDD
– En matière de représentation politique, en 1982 l’âge moyen du représentant politique ou syndical était de 45 ans. En 2001, il était  de 59 ans. 

Bien que ces chiffres datent de 10 ans maintenant, ils n’en sont pas moins d’actualité, ayant même dus s’accentuer.
Au niveau social, les aides de l’état envers les jeunes (prestations sociales, allocations logement, bourses d’études) représentent environ 5,6 milliards d’euros par an alors que les transferts de la famille vers les plus jeunes représentent environ 80 milliards. 
 

Enfin quelques données chiffrées en matière d’éducation :
• Le pourcentage du PIB réservé à l’éducation s’élevait à  7,5% en 2000. Il est passé à 6,5%  en 2010 soit une baisse de 15%
• 40% d’une classe d’âge sort diplômée de l’université contre 55% aux USA, 60% en Corée.
• 123 000 élèves sortent chaque année sans diplôme en France.

Ces chiffres  soulignent  le fait que la jeunesse reste une variable d’adéquation des politiques en France. Il fait nul doute que l’enjeu de la jeunesse aux prochaines présidentielles sera un des fers de lance de chacun des partis…et que les jeunes voudront être entendus !
 

Crédits photo : http://www.photo-libre.fr

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