selection d'actu

Colloque « L’engagement 2.0 » : un hommage à la jeunesse engagée

En cette matinée du 31 mai 2011, au sein du Grand Salon de la prestigieuse université de la  Sorbonne, un colloque organisé par le Ministère de l’Education Nationale, de la Jeunesse et de la Vie Associative a été dédié à la jeunesse et à l’engagement 2.0.

 

Présidé par Mme Jeannette Bougrab, Secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de la Vie Associative, ce colloque mettait l’accent sur la notion d’engagement des jeunes, français ou étrangers, au travers des réseaux sociaux tels que Twitter ou encore Facebook.

L’idée étant de déconstruire les idées reçues sur la jeunesse et de montrer que cette jeunesse, peu reconnue,  a souvent joué un rôle important au cours de l’histoire (comme par exemple les résistants de 1940 qui n’avaient pour la plupart qu’une vingtaine d’années). Mais Mme Bougrab a voulu avant tout rendre hommage à la jeunesse arabe et notamment la jeunesse tunisienne qui a porté et porte encore la « Révolution pour la dignité ».

Les témoignages de jeunes ayant participé à la révolution tunisienne depuis  décembre 2010 ont permis de comprendre le rôle qu’a joué Internet dans l’acheminement de l’information au niveau international afin de faire prendre conscience à la communauté internationale de ce qui se déroulait en Tunisie.

Slim Amamou (ancien Secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports en Tunisie), Aziz Amami, Lamia Slim, Maha Issaoui et Sofien Chourabi se sont tous exprimés sur leur conviction que sans  internet la révolution tunisienne n’aurait touché la communauté internationale que très tardivement.

En Tunisie, la situation reste délicate. Le Gouvernement n’est plus le détenteur du pouvoir. Pour l’instant le peuple commande et le but est d’élire une Assemblée constituante et réécrire la Constitution. L’enjeu maintenant étant d’obtenir une totale transparence par rapport aux résultats des élections avec un détail région par région. Le peuple tunisien espère surtout qu’il y aura un vote direct du peuple sur la prise de décision. Cette demande a soulevé quelques doutes parmi l’assistance car elle peut paraitre quelque peu illusoire, mais les jeunes tunisiens présents au colloque ont affirmé qu’ils ne sont pas dans l’illusion mais plutôt dans l’idée d’une véritable démocratie participative.

Selon Aziz Amami, à terme « les gouvernements devront commencer à écouter la population ».  Ces jeunes tunisiens représentent clairement cette génération du changement dans un pays où les violences policières demeurent malgré la chute du président Ben Ali.

 

Pour Sofien Chourabi,  journaliste, cette rébellion s’est d’abord traduite au sein de sa sphère familiale puis contre le système corrompu de la société tunisienne. Etant journaliste, il a découvert le potentiel d’internet à partir de 2006, afin de véhiculer les problèmes liés à la situation économique et sociale du pays. Internet était clairement le meilleur moyen pour vaincre le système. Les jeunes tunisiens ont du alors apprendre à utiliser internet, via Facebook ou Twitter, pour véhiculer l’information et contourner la censure. En effet, au départ, l’information était difficile à transmettre à la presse étrangère ;  les jeunes ont donc fait un vrai travail journalistique et pour Aziz Amami: « Internet doit être une alternative aux médias ». Facebook a aussi ses travers négatifs (fermeture de comptes des opposants…) mais il a aussi permis d’atteindre plus de personnes, plus rapidement. Pour eux, l’idéal serait d’avoir une sorte de service public minimum avec une centralisation des réseaux internet afin de faciliter l’accès à tous les tunisiens ; car internet, est aussi un formidable outil éducatif et culturel, et pas seulement politique.

Précédent l’intervention de ces jeunes tunisiens, Luc Ferry et Martin Hirsh ont expliqué leur vision de la jeunesse :
Pour Luc Ferry, la situation des jeunes en Europe est aujourd’hui paradoxale. Jamais on ne s’est autant occupé de la jeunesse. Depuis la 2nde Guerre Mondiale, la situation des jeunes européens régresse et la prime aux diplômes va redevenir essentielle. Les jeunes français sont pessimistes quant à leur propre avenir (53 % d’entre eux) mais aussi quant à l’avenir de la France (17 %).

D’où vient donc cette passion pour la jeunesse ?

  • Avec
    la Révolution française, on a basculé dans un monde organisé à partir d’un
    nouvel horizon politique. La jeunesse était l’incarnation de l’avenir.
  • Puis
    il y a aussi eu l’invention du mariage d’amour et la disparition du mariage
    arrangé, ce qui a placé l’enfant au premier plan.

Mai 68 fut un aussi évènement important qui a placé la jeunesse comme acteur social, économique et politique majeur.

La contradiction vient donc du fait qu’il y a une véritable passion des familles pour leurs enfants et en même
temps une régression du statut de la jeunesse. Quel monde allons-nous donc laisser aux générations futures ? (dettes, choc des civilisations, globalisation…)

Martin Hirsh est quant à lui venu présenter le Service Civique, qui représente le « visage de celles et ceux qui ont envie de s’engager ».  Mr Hirsh espère beaucoup compter sur internet pour faire vivre la communauté des anciens du service
civique et ainsi développer l’engagement des jeunes.

Les témoignages de jeunes volontaires du service civique sont venus appuyer  cette idée : un jeune officier de l’Armée de Terre a présenté sa vision de l’engagement comme un objectif commun, un idéal étant lié à l’esprit de sacrifice.

Sébastien, jeune volontaire du service civique, a, quant à lui,  expliqué que son engagement a mis du temps à se concrétiser. Aujourd’hui, le service civique touche trop peu de jeunes et la question de l’indemnisation et de l’accompagnement des jeunes en amont  a été posée ; notamment par une jeune fille de 25 ans, diplômée Bac + 5 en recherche d’emploi qui utilisait le service civique comme un moyen de rester active. Le Service Civique est aussi un moyen de se faire de l’expérience quand on a du mal à rentrer sur le marché du travail tout en étant diplômé,  mais Mme Bougrab a bien rappelé que « le Service Civique n’a pas vocation à se substituer à l’emploi des jeunes ».

Catherine Ferrant, Déléguée générale de la Fondation Totale, a quant à elle, insisté sur le fait qu’être une grande entreprise permet d’investir beaucoup de moyen dans la lutte contre la fracture sociale et pour l’engagement des jeunes.

Le colloque s’est terminé par l’intervention de deux créateurs d’entreprise : Louis-Christophe Laurent, Fondateur de GL Trade et président de Middlebury, et Marc Simoncini, Fondateur de IFrance et Meetic. Pour eux, les jeunes n’ont pas le choix que d’être créateurs et ils les encouragent donc à prendre des initiatives car la tendance actuelle est plutôt favorable à l’entreprenariat. Marc Simoncini et Louis-Christophe Laurent ont aussi annoncé la création d’une école pour les 18/25 ans n’ayant pas le Bac et souhaitant se former aux métiers d’internet. Cette formation durerait 3 ans et permettrait aux jeunes d’apprendre leur métier directement pendant la formation. Cette idée est surtout venu du fait qu’un jeune peut avoir des difficultés scolaires mais qu’il a aussi un talent propre qu’il peut exploiter afin de pouvoir trouver sa place sur le marché du travail.

Ce colloque s’est donc conclu sur ces 2 interventions par les remerciements de Mme Bougrab à tous les intervenants et les jeunes présents à ce colloque. Elle a ainsi réaffirmé sa volonté à donner la parole aux jeunes sans la bâillonner et à créer une « Institution internationale de Droit Privé » liant la jeunesse française et la jeunesse arabe.

La question de l’engagement des jeunes via internet et les réseaux sociaux montre clairement qu’il faudra maintenant compter sur ces nouveaux modes de communication pour l’expression des désirs et espoirs de la jeunesse au niveau international, que ce soit sur le plan social, économique, culturel mais aussi politique.

Laissez un commentaire

advert

Envie d'accompagner un jeune dans ses choix d'orientation? Devenez Parrain!

Contactez-nous au 06 69 63 32 33 / Contact

Témoignage de Catherine, marraine au lycée Jean Zay d’Aulnay-sous-Bois

Suivez actenses partout