Points de vue

Le Zénith de N. Sarkozy : la complainte de l’amour

Car tout en ressuscitant le Pape Jean-Paul II et Martin Luther King, le candidat Sarkozy a joué avec force et conviction la « complainte de l’amour ». Vous vous demandiez quelle sera la place pour les 18-35 ans dans notre société ? Eh bien ce sera l’amour en grand, l’amour des siens, l’amour des autres, l’amour de sa mère et de la Patrie.

Un cœur rempli d’amour serait-il la réponse que souhaite apporter le candidat pour remédier à tous ces maux, lui qui veut aider les jeunes « à devenir des adultes accomplissant les rêves de leur jeunesse » ?

Le chômage des jeunes en France, tristement inégalé par nos partenaires européens, se disloquera-t-il donc sous tant d’amour ? Pourtant ce fléau social touche profondément les classes populaires et les jeunes ouvriers, pour qui ce mal les rend dépendants malgré eux de leurs parents jusque tard, et les prive de l’acte de responsabilisation qu’est l’entrée dans la vie active.

Cet amour se devra d’être riche, car les jeunes oublieront ainsi qu’ils devront payer des cotisations sociales élevées pour financer les retraites de leurs prédécesseurs, et le problème de la solidarité intergénérationnelle sera alors enfin résolu.
A défaut d’être riche, il se devra d’être durable, pour faire oublier que leur retraite à eux pourrait bien attendre l’âge de 70 ans.

Et cet amour sera aveugle, cela va de soi, car ainsi il rendra invisible l’impossibilité de promotion sociale dans laquelle se trouvent les milliers de jeunes qui n’ont pu, faute de capital social, culturel et financier, accéder aux bonnes écoles, aux bonnes universités, aux bons diplômes.

Qu’on se le dise, l’Amour entre dans la campagne présidentielle par la grande porte, et la jeunesse qui n’a pas su aimer a aujourd’hui «le devoir d’aimer son pays ». Bien sûr, cela vaut aussi pour les immigrés. Et là où Martin Luther King défendait une fraternité universelle, Nicolas Sarkozy défend une fraternité donnant-donnant.

Si Nicolas Sarkozy a le mérite de reconnaître aujourd’hui, et il n’est pas le seul, l’éventail des problèmes que rencontrent les jeunes, et si certains principes d’action apparaissent louables (autonomie, deuxième chance, logement, égalité des chances, plein emploi), il n’y apporte pour autant pas les réponses concrètes qu’on est en droit d’attendre de lui. Pourquoi un tel mutisme alors que les attentes des jeunes adultes sont réelles ?

Si son plan Marshall de la formation pour les jeunes se limite à un amour et une fraternité où « tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme, et volupté », la jeunesse actuelle peut continuer à rêver et porter les rêves du pasteur américain.

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Témoignage de Catherine, marraine au lycée Jean Zay d’Aulnay-sous-Bois

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