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Les discriminations de genre dans l’orientation: un thème toujours d’actualité…

Suite à une demande de la part des établissements, cette année scolaire a été l’occasion pour actenses d’innover et de mettre en place un nouvel atelier sur les discriminations de genre dans l’orientation. L’objectif : interroger les préjugés et les stéréotypes liés aux métiers ou aux études dites masculines ou féminines, pour les remettre en cause et ainsi donc permettre aux jeunes d’élargir leurs horizons en termes de choix d’études.

Le sujet, restant délicat à traiter, actenses a fait appel au savoir faire de l’association Femmes et Sciences, pour mener à bien l’atelier et animer le débat. Mme Ezratty, Présidente de l’association a donc coréalisé l’atelier avec actenses. Le sujet s’est révélé sensible et dérangeant pour plusieurs raisons.

D’une part, les débats sur le thème des discriminations de genre sont rapidement associés au féminisme, et subit rapidement des attaques sur ce point. En l’occurrence, ce n’était ni la volonté d’actenses ni celle de Mme Ezratty de l’aborder sous ce prisme là…puisque l’objectif était également d’éviter l’autocensure des garçons qui veulent aller vers des métiers dits féminins.

D’autre part, parler de discriminations implique souvent que chacun soit dans une position proche de celle de la victime ou proche de celui qui discrimine, pouvant remettre en question nos modes de fonctionnement.

Enfin, le fait de réaliser cet atelier devant un public très diversifié (lycéens et professionnels allant de 15 à 65 ans) allaient confronter les représentations de chacun et chacune, selon son propre ressenti et vécu.

L’intervention de Mme Ezratty portait dans un premier temps sur le mécanisme des stéréotypes liés au genre et sur leur impact dans les choix d’orientation des jeunes. Cet atelier se voulait de lutter contre l’autocensure des filles et des garçons pour un secteur d’activité plutôt attribué à des hommes ou à des femmes.

Mme Ezratty a évoqué comment se construisait un stéréotype et comment au fil de l’histoire les femmes avaient souvent été, à compétences égales, disqualifiées ou déconsidérées. Le fait de revenir sur le passé permettait aux jeunes de comprendre les situations actuelles et les stéréotypes ancrés dans les mentalités.

Certains parrains ont très rapidement interrogé le rôle qu’avait actenses et en quoi ce sujet était abordé par rapport au programme mis en place. L’un des objectifs d’actenses auprès des jeunes est de pouvoir élargir leurs perspectives, d’ouvrir leurs horizons et d’éviter l’autocensure. L’objet de la présentation n’était pas d’arriver à une quelconque parité hommes/femmes dans les métiers, ni de se faire porte voix d’un discours féministe, mais plutôt d’être conscient des stéréotypes, de pouvoir s’en libérer afin de choisir sa voie, son orientation, son métier en fonction de ce que l’on souhaitait vraiment.

Cet atelier a fait réagir de nombreux parrains, qui disaient que les discriminations de genre n’existaient plus, que cette question n’avait plus lieu d’être et que les filles (comme les garçons) étaient libres de choisir leur métier… Dès lors on peut s’interroger sur le fait qu’aujourd’hui encore les filières scientifiques sont majoritairement occupées par les garçons et les filières littéraires par les filles…

Par ailleurs, les professionnels présents soulignaient que si elles ne faisaient pas les mêmes choix ensuite dans leur carrière, c’était dû au fait que les filles devaient s’occuper de leur famille… Mme Ezratty a cité les études réalisées par Grandes Ecoles[1] au Féminin en 2005 et 2007 qui montraient que les femmes et les garçons diplômés de ces écoles affichaient la même ambition, mais n’avait pas les mêmes possibilités de carrières. Des différences de perception importante existaient entre les hommes et les femmes ou entre les femmes diplômées et leur employeur sur les causes de ces différences de parcours.

Une marraine a souligné le fait que la discrimination ne se faisait pas tant à l’intégration dans l’entreprise que lors du souhait d’évolution et qu’aujourd’hui encore le plafond de verre était bien réel. Par ailleurs, avant d’avoir accès à ces entreprises, il fallait également travailler avec les jeunes sur le fait de ne pas s’autocensurer.

Certains parrains semblent être repartis soit dérangés par le débat soit en pensant que ce thème de discrimination de genre dans l’orientation n’avait plus lieu d’être car n’existant plus, ce qui d’après les statistiques publiées par l’éducation nationale et données par Mme Ezratty sembleraient faux.

Dans un second temps Mme Ezratty a présenté les métiers liés aux nouvelles technologies, notamment le métier d’ingénieur (conception/qualité/recherche…) mais également les métiers liés aux métiers de l’innovation, métiers encore peu occupés par les filles !

[1] Pour plus d’informations : Le parcours professionnel des diplômé(e)s de grandes écoles : Regards croisés hommes/femmes

 

1 Réponse pour “Les discriminations de genre dans l’orientation: un thème toujours d’actualité…”

  1. Isabelle dit :

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article relatant de l’atelier sur les stéréotypes de genre, au cours duquel il semble que les parrains-marraines vous aient challengée tant sur la légitimité d’une intervention sur ce thème dans le cadre d’actenses que sur l’existence même de différences femmes-hommes au travail.
    Si vous renouvelez cette expérience, je suis prête à vous apporter mon témoignage d’entreprise : oui les stéréotypes sont bien présents et forts et continuent de nous gêner pour les recrutements, pour l’évolution professionnelle des femmes et dans une certaine mesure des hommes.
    et les choix d’orientation sont des moments où les jeunes sont confrontés aux stéréotypes (et ceux de leurs amis, de leurs prof, de leurs famille etc..) donc c’est bien à ce moment là qu’il faut agir!
    de tout cœur avec vous sur cette action!

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Témoignage de Catherine, marraine au lycée Jean Zay d’Aulnay-sous-Bois

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