Apprendre à motiver ses choix d’orientation …

Au cours de l’année scolaire 2011/2012, actenses s’est attelée à développer de nouveaux ateliers destinés aux élèves de Terminale. Parmi ces ateliers figuraient un atelier « Lettre de Motivation ». L’angle d’approche d’actenses n’étant pas de se concentrer uniquement sur le CV, le but était de permettre aux élèves d’exprimer par écrit leurs choix d’orientation et les raisons qui les ont amenés à faire ces choix. Exercice difficile pour tout un chacun mais dont la maitrise s’avère indispensable particulièrement en classe de Terminale pendant les inscriptions APB (Admission Post Bac). En effet, certaines formations, notamment les entrées en BTS, requièrent la rédaction d’une lettre de motivation et actenses a donc décidé de mettre l’accent sur cet aspect des inscriptions Post Bac avec l’aide de ses différents partenaires.

Cette année, 9 classes de Terminale ont donc bénéficié de cet atelier au sein des lycées Poncelet (St Avold), Voltaire (Paris 11), Jean Zay (Aulnay-sous-Bois), Jacques Brel (La Courneuve), Blaise Cendrars (Sevran), Jean Renoir (Bondy), Gustave Eiffel (Cachan), Delacroix (Drancy) et Berthelot (Pantin).

Quelques uns de ces ateliers ont été animés par les membres d’actenses eux-mêmes mais la plupart ont été construit en partenariat avec les Points Information Jeunesse (PIJ) locaux ainsi qu’avec Les Pépites, une association de coaching de jeunes de 16 à 25 ans désireuse de favoriser l’accès à l’information et à l’emploi des jeunes de quartiers. L’association organise notamment des ateliers lettres de motivation, CV, entretiens d’embauche…

Les parrains présents lors de ces ateliers se sont aussi avérés être d’une aide précieuse pour les élèves, qui ont pu mettre en pratique les conseils donnés par ces derniers.

L’atelier comprenait 2 phases :

– La théorie ou l’apprentissage des fondamentaux de la lettre de motivation

– La pratique avec la rédaction par les élèves d’une première ébauche de lettre de motivation en fonction de leurs choix de poursuite d’étude

Avec l’aide d’une présentation Powerpoint, les élèves se sont vus exposer les principes de la lettre de motivation (phrase d’introduction, valorisation de l’établissement où l’on souhaite poursuivre ses études, apprendre à parler de soi, solliciter un rendez-vous, formules de politesse….). Avec bien sûr les règles de base sur la forme (pas de fautes d’orthographe, 1 page maximum, des phrases courtes et simples, le tout présenté de manière claire et propre). Une lettre doit-elle être obligatoirement manuscrite ? Pour une entreprise, pas forcément ; mais pour un établissement une lettre manuscrite permet de se distinguer mais bien sûr avoir une belle écriture et présenter la lettre de manière propre et lisible est indispensable.

Certains parrains RH ont pu aussi éclaircir quelques points sur les attentes des recruteurs lorsqu’ils reçoivent une lettre de motivation. Les élèves ont ainsi pu comprendre par là-même les différences entre écrire à un établissement et écrire à une entreprise.

La deuxième partie de l’atelier consistait à demander aux élèves de rédiger une première lettre de motivation à l’aide des éléments fournis précédemment. Le point le plus difficile pour les élèves fut de savoir parler d’eux-mêmes, de leurs expériences, compétences et qualités qui les amènent à motiver leurs choix d’orientation.

Mais avec l’appui des PIJ, des parrains ou encore de l’association Les Pépites, cet atelier a permis aux élèves d’approfondir leur réflexion sur leurs choix de poursuite d’étude, de comprendre qu’une lettre de motivation se prépare en amont et qu’elle doit s’adapter à chaque destinataire.

Les PIJ restent à disposition des élèves pour aller plus loin dans la rédaction de leur lettre de motivation, et les élèves peuvent aussi avoir accès aux documents utilisés lors des ateliers (le Powerpoint, et la fiche récapitulative).

Aux vues du succès de cet atelier auprès des élèves, actenses souhaite prolonger l’expérience avec ses partenaires l’année prochaine. Actenses remercie les PIJ d’Arcueil, de Noisy-le-Sec, de Sevran et de Villeneuve-le-Roi ainsi que l’association Les Pépites pour leur participation aux ateliers.

 

“Les métiers de la construction durable sont aujourd’hui en pleine croissance”

Samedi 12 mai s’est tenue une intervention sur les métiers de l’éco-construction au lycée Paul Valéry (Paris 12ème). Cette rencontre entre élèves et professionnels de l’éco-construction a été organisée par actenses, pour répondre aux besoins d’informations des jeunes et du lycée, qui a inauguré cette année la filière STI2D (Sciences et Technologies de l’industrie et du Développement Durable).

Ronan, chef de projets Construction et Exploitation Durable chez Elan, Emilie animatrice Qualité Environnement chez Eiffage et Christine, gérante de la société DW Design Bois se sont exprimés avec passion et enthousiasme devant une quinzaine d’élèves aussi bien en seconde, première ES, L et S que STI2D et prépa scientifique. Ils nous livrent ici leur témoignage en tant que professionnel et expert du secteur de l’éco-construction.

Ronan, chef de projets Construction et Exploitation Durable chez Elan
« Les métiers de la construction durable sont aujourd’hui en pleine croissance : ce sont avant toute chose des métiers de terrain qui sont difficilement appris à l’école. A mon sens, le point fort de cette matinée est de montrer aux élèves que leur futur parcours universitaire devra être accompagné par de nombreux stages de terrain qui pourront leur permettre de capitaliser une première expérience et de se faire une idée de ce que peut-être le milieu professionnel, que ce soit dans les collectivités territoriales ou le monde l’entreprise. La motivation et la curiosité sont les clés pour réussir dans ces métiers qui sont complets et abordent de nombreuses thématiques qui deviennent incontournables dans les constructions et le mode de vie de chacun. »

Emilie, animatrice Qualité Environnement chez Eiffage a pensé que « cette formation est une très bonne initiative. Comme les autres intervenants, je suis persuadée de l’importance des contacts et de l’expérience professionnels pour les étudiants dans leur future recherche d’emploi. La jeunesse de la filière de l’éco-construction fait que les retours d’expériences et d’informations sont encore peu nombreux, les échanges entre étudiants et professionnels sont donc primordiaux. Je suis très satisfaite de cette séance ».

Christine, fondatrice et gérante de DW Design Bois, a bien insisté auprès des jeunes sur l’importance d’être curieux et motivé, car « on reste un élève toute sa vie« . Ce qui est passionnant avec les métiers du développement durable, a-t-elle rajouté, c’est le fait d’être amené à faire des recherches permanentes, découvrir et innover continuellement. Elle a renchérit en affirmant qu’il ne faut pas avoir honte de se tromper, elle qui a changé de métier à 50 ans, et de ne pas hésiter à pousser des portes et aller à la rencontre de professionnels.

Actenses remercie chaleureusement les intervenants pour leur disponibilité et leur générosité. Les présentations de leur métier et de leur parcours sont disponibles ci-dessous :

Ronan, chef de projets Construction et Exploitation Durable chez Elan

Emilie, animatrice Qualité Environnement chez Eiffage

 

 

 

Où travaillez-vous ?

Dans le cadre de la deuxième année de parrainage, dont l’objectif est la découverte du monde professionnel, actenses met en place au sein des lycées, après l’avoir co-décidé avec les équipes pédagogiques, différents types d’ateliers: comme des interventions sectorielles, des ateliers jeux de rôles, des témoignages d’entrepreneurs ou encore un atelier permettant de découvrir les différentes entités où travaillent les parrains et marraines.

La mise en place de ce dernier atelier s’est réalisée suite à un constat : la méconnaissance des jeunes face aux différents types de structure et à leur diversité. Aussi grâce aux professionnels, présents le samedi matin au sein des lycées, les jeunes ont pu bénéficier de la présentation de nombreuses structures, petites, grandes, du secteur privé ou public.

Chaque parrain et marraine était amené à présenter sa structure en détaillant : ce que la structure offrait comme bien ou service, son organisation interne et les métiers exercés. Des structures très différentes ont été présentées comme le Ministère de la Culture et de la Communication, des entreprises : GTM (filiale de vinci), Bourgeois, EDF, Steva (hébergement pour personnes âgées), Be ingeeniring (eau et environnement), Sanofi, Bouygues construction, La Société Générale, Predica (assurances)…Le secteur des fondations (Grameen) et ONG ( Aide et développement) était également représenté permettant aux lycéens de découvrir des modes d’organisation interne très différents.

Ces échanges leur ont également permis d’identifier certains métiers de manière plus précise. Concernant le domaine des ressources humaines, cet atelier a permis d’aborder les différents endroits où on pouvait exercer la fonction : dans un cabinet de recrutement, dans une entreprise d’une certaine taille, dans un cabinet de gestion de paye… Par ailleurs, ces échanges ont été l’occasion de distinguer de manière claire les différents pôles qui peuvent exister au sein d’un même secteur. Par exemple, au sein des RH peuvent co-exister: le pôle formation, le pôle recrutement et gestion de carrière, le pôle paie si l’entreprise est grande…

D’autres secteurs communs à plusieurs présentations ont été détaillés, comme le secteur de la comptabilité. Les métiers de comptable, d’auditeur externe/interne, de contrôleur de gestion ont été quelques uns des exemples donnés aux élèves pour mieux cerner ce que les métiers de la comptabilité pouvait présenter comme aspects…leur rôle et différences ont été abordés ainsi que les différentes structures dans lesquelles ces métiers pouvaient s’exercer.

Après la présentation des parrains et marraines devant des petits groupes d’élèves, chaque jeune était amené à retranscrire à l’oral devant la classe la structure de travail présenté. Deux constats ont été tirés. Sur le fond : présenter une nouvelle structure qu’on vient de découvrir nécessite une très bonne prise de notes. Sur la forme, l’oral reste un exercice où il faut s’entrainer pour être clair et concis, tout en ayant du dynamisme.

L’exercice à l’oral devait également leur permettre de mesurer leurs aptitudes à parler devant un public diversifié : camarades et professionnels. Enfin, chacun était amené à poser des questions et à pouvoir s’exprimer s’il avait des remarques ou commentaires.

Cet atelier est souvent très apprécié par les professionnels et les jeunes qui apprennent aussi bien sur le thème abordé que sur la manière de le faire! Actenses remercie tous les parrains et marraines présents le samedi matin sans lesquels ce type d’atelier n’est pas réalisable !

 

 

Les discriminations de genre dans l’orientation: un thème toujours d’actualité…

Suite à une demande de la part des établissements, cette année scolaire a été l’occasion pour actenses d’innover et de mettre en place un nouvel atelier sur les discriminations de genre dans l’orientation. L’objectif : interroger les préjugés et les stéréotypes liés aux métiers ou aux études dites masculines ou féminines, pour les remettre en cause et ainsi donc permettre aux jeunes d’élargir leurs horizons en termes de choix d’études.

Le sujet, restant délicat à traiter, actenses a fait appel au savoir faire de l’association Femmes et Sciences, pour mener à bien l’atelier et animer le débat. Mme Ezratty, Présidente de l’association a donc coréalisé l’atelier avec actenses. Le sujet s’est révélé sensible et dérangeant pour plusieurs raisons.

D’une part, les débats sur le thème des discriminations de genre sont rapidement associés au féminisme, et subit rapidement des attaques sur ce point. En l’occurrence, ce n’était ni la volonté d’actenses ni celle de Mme Ezratty de l’aborder sous ce prisme là…puisque l’objectif était également d’éviter l’autocensure des garçons qui veulent aller vers des métiers dits féminins.

D’autre part, parler de discriminations implique souvent que chacun soit dans une position proche de celle de la victime ou proche de celui qui discrimine, pouvant remettre en question nos modes de fonctionnement.

Enfin, le fait de réaliser cet atelier devant un public très diversifié (lycéens et professionnels allant de 15 à 65 ans) allaient confronter les représentations de chacun et chacune, selon son propre ressenti et vécu.

L’intervention de Mme Ezratty portait dans un premier temps sur le mécanisme des stéréotypes liés au genre et sur leur impact dans les choix d’orientation des jeunes. Cet atelier se voulait de lutter contre l’autocensure des filles et des garçons pour un secteur d’activité plutôt attribué à des hommes ou à des femmes.

Mme Ezratty a évoqué comment se construisait un stéréotype et comment au fil de l’histoire les femmes avaient souvent été, à compétences égales, disqualifiées ou déconsidérées. Le fait de revenir sur le passé permettait aux jeunes de comprendre les situations actuelles et les stéréotypes ancrés dans les mentalités.

Certains parrains ont très rapidement interrogé le rôle qu’avait actenses et en quoi ce sujet était abordé par rapport au programme mis en place. L’un des objectifs d’actenses auprès des jeunes est de pouvoir élargir leurs perspectives, d’ouvrir leurs horizons et d’éviter l’autocensure. L’objet de la présentation n’était pas d’arriver à une quelconque parité hommes/femmes dans les métiers, ni de se faire porte voix d’un discours féministe, mais plutôt d’être conscient des stéréotypes, de pouvoir s’en libérer afin de choisir sa voie, son orientation, son métier en fonction de ce que l’on souhaitait vraiment.

Cet atelier a fait réagir de nombreux parrains, qui disaient que les discriminations de genre n’existaient plus, que cette question n’avait plus lieu d’être et que les filles (comme les garçons) étaient libres de choisir leur métier… Dès lors on peut s’interroger sur le fait qu’aujourd’hui encore les filières scientifiques sont majoritairement occupées par les garçons et les filières littéraires par les filles…

Par ailleurs, les professionnels présents soulignaient que si elles ne faisaient pas les mêmes choix ensuite dans leur carrière, c’était dû au fait que les filles devaient s’occuper de leur famille… Mme Ezratty a cité les études réalisées par Grandes Ecoles[1] au Féminin en 2005 et 2007 qui montraient que les femmes et les garçons diplômés de ces écoles affichaient la même ambition, mais n’avait pas les mêmes possibilités de carrières. Des différences de perception importante existaient entre les hommes et les femmes ou entre les femmes diplômées et leur employeur sur les causes de ces différences de parcours.

Une marraine a souligné le fait que la discrimination ne se faisait pas tant à l’intégration dans l’entreprise que lors du souhait d’évolution et qu’aujourd’hui encore le plafond de verre était bien réel. Par ailleurs, avant d’avoir accès à ces entreprises, il fallait également travailler avec les jeunes sur le fait de ne pas s’autocensurer.

Certains parrains semblent être repartis soit dérangés par le débat soit en pensant que ce thème de discrimination de genre dans l’orientation n’avait plus lieu d’être car n’existant plus, ce qui d’après les statistiques publiées par l’éducation nationale et données par Mme Ezratty sembleraient faux.

Dans un second temps Mme Ezratty a présenté les métiers liés aux nouvelles technologies, notamment le métier d’ingénieur (conception/qualité/recherche…) mais également les métiers liés aux métiers de l’innovation, métiers encore peu occupés par les filles !

[1] Pour plus d’informations : Le parcours professionnel des diplômé(e)s de grandes écoles : Regards croisés hommes/femmes

 

Des marraines qui parlent de jeunes «biens»!

Le dernier afterwork de cette année de parrainage s’est déroulé en petit comité jeudi 31 mai, au Comptoir du Commerce en plein cœur de Paris.

La majorité des marraines présentes était en 3ème année de parrainage, l’occasion de partager leur expérience avec une nouvelle marraine mais également de faire un bilan sur ces trois ans de parrainage.

Premier constat : la plupart des relations a connu un démarrage chaotique. En effet, les manières de communiquer et les attentes des professionnel-le-s n’étant souvent pas les mêmes au départ que celles des filleul-le-s, la construction du lien a pu prendre un temps plus important qu’escompté au départ…

Ce qui a également été constaté c’est que certains élèves souhaitaient des parrains et marraines mais sans savoir comment utiliser les ressources supplémentaires qu’un professionnel pouvait leur apporter. La mise en place d’échanges (par mail, téléphone, sorties…) et la patience ont permis de construire petit à petit, une relation propre à chaque binôme, en fonction de chacune des personnalités du lycéen-ne et du professionnel-le.

« Des jeunes biens », voilà également ce qui est ressorti de l’afterwork…Des jeunes pourtant ni sélectionnés sur un critère de motivation ni sur un critère d’excellence, des jeunes souvent issus de quartiers qualifiés de sensibles, populaires et qui sont « biens » ! Voilà un message peu entendu et peu relayé et qui émane d’une expérience d’accompagnement d’un jeune pendant de 2 voire 3 ans par des professionnels qui étaient sur le terrain. Voilà également une des particularités qui différencie le programme de parrainage d’aide à l’orientation d’ actenses d’autres dispositifs de parrainage, le fait de proposer à tous les jeunes d’une classe cette opportunité, sans critère de sélection.

Le dispositif a permis de créer de nouvelles passerelles, des rencontres inédites pour les jeunes mais également pour les professionnel-le-s. A une petite échelle, les représentations sur les jeunes et la banlieue ont souvent évolué de manière positive pour les professionnel-les, présents aux rencontres, le samedi matin et engagés à leurs côtés.

Pour certaines marraines, ces rencontres dans les lycées de leurs filleul-le-s leur ont permis de se rendre compte de la disparité entre les lycées de la région Ile de France, notamment en termes d’écarts dans l’organisation interne d’un lycée. Par exemple certain-e-s filleul-e-s n’ont eu leur emploi du temps qu’à la Toussaint ou bien certains n’ont eu leurs notes que la veille de la fermeture de la procédure APB (procédure d’orientation en terminale) pour laquelle ils devaient les enregistrer …

Enfin, ce qui a été particulièrement apprécié en troisième année de parrainage c’est la diversité d’acteurs lors des ateliers : lycéens, étudiants et professionnels afin d’accompagner au mieux le/la filleul-e dans son orientation post bac !

Cet afterwork a également été l’occasion de parler des nouveaux projets et de leur mise en place à partir de la rentrée scolaire prochaine : le projet AP’PUI, le projet de parrainage en lycées professionnels et enfin le projet concernant les réseaux de proximité autour du lycée.

Le prochain afterwork aura lieu jeudi 6 décembre pour accueillir les nouveaux parrains actenses!